Groupe du mois

  • Grimskunk

    Mois:
    Août 2008
    Entrevue avec:
    Franz
    Par:
    Patrick Labbé et David Ouellet

Pour commencer, vous qui n'avez plus besoin de présentation, comment aimeriez-vous être présentés aujourd'hui ?

Comme un band de rock engagé qui mélange les styles du punk au métal, au psychédélique et la world. Qui vit au jour le jour pour le pur plaisir de faire de la musique, la partager avec les gens et qui dit haut et fort ce qu’il pense.

Suite au départ de Todd en 2004, comment s'est passée l'intégration de Vince Peake au sein de GrimSkunk?

Génial, débile. Vincent est un très grand ami et complice musical depuis le début de Grimskunk et son arrivée s’est faite naturellement comme s’il avait toujours été dans le band. Ça nous a donné un boost d'énergie et de fraîcheur autant sur scène qu’en studio. Au niveau de la basse, cela a raffermi la drive et le son de notre section rythmique et son apport vocal au niveau des harmonies nous a permis de développer encore plus ce côté de Grimskunk qu’on a toujours beaucoup aimé.

Votre dernier album Fires Under The Road paru en 2006 nous apparait réellement comme un retour aux sources, est-ce son arrivée au sein du groupe qui vous a mené vers une telle voie?

L’arrivée de Vincent a surement contribué à certains sons ou directions plus psychédéliques de Fires Under The Road, mais en même temps, l’album s’est créé naturellement, presque aveuglément comme on le sentait. Beaucoup de cet album a été créé et écrit sur place pendant l’enregistrement, on l’a fait de manière très spontanée et créative. On avait envie de quelque chose de « heavy » mais mélodique et buzzé.

Vous avez travaillé avec le réputé réalisateur GGGarth lors de la production de cette galette. Etait-ce un vieux rêve – en quelques sortes – de travailler avec l'homme derrière le premier album de Rage Against The Machine?

Travailler avec GGGarth a été une expérience fantastique, mais cela s’est fait vraiment par chance à la dernière minute. On a contacté quelques réalisateurs qu’on aimait dont GGGarth, Paul Northfield (Rush, Suicidal Tendencies) et quelques-uns, dont ces deux-là, nous ont répondu qu’ils étaient intéressés. Après un long débat on a opté pour GGGarth. On a adoré travailler avec lui, autant sur le plan personnel (maudit bon gars) que l’approche à la production, il était très ouvert, a suggéré des choses (comme la triple fin de America Sucks), mais surtout a fait sortir et briller le côté lourd et « in your face » du band ainsi que le côté « trippeux » psychédélique. Pour la première fois, on avait l’impression d'être dans une ambiance totale de qualité mondiale à tous les niveaux de production. On capotait !

Cela va bientôt faire 2 ans que cet opus est apparu sur les tablettes des disquaires, on peut s'attendre à du nouveau matériel bientôt?

Yes, on a commencé à écrire et on aimerait enregistrer un nouvel album pour 2009.

Comment s'est déroulé votre tournée européenne au printemps dernier?

La première tournée en février était en tête d’affiche en Allemagne surtout, on jouait dans des petits lieux et des fois c'était dans des « squats » comme un ancien bunker nazi à Nurnberg en semaine devant 40-50 personnes, des fois c'était dans des centres artistiques communautaires devant 450 jeunes en délire. La deuxième tournée en avril on jouait en première partie de Danko Jones, Infectious Grooves et Fishbone, trois excellents bands et on a fait 16 shows en 17 jours dans les villes les plus trippantes d'Europe( Amsterdam, Hambourg, Berlin, Munich, Vienne, Barcelone, Paris, etc…)
Les endroits de shows étaient incroyables, comme l’aréna à Vienne ou Rotefabrik à Zurich, des immenses « squats » avec 4-5 salles de concerts, stages extérieurs, tout peinturé, graffitis, des genres de gros « fun park » pour les jeunes et amateurs de musique et de culture alternative !

Quel coin de l'Europe avez-vous préféré et pourquoi?

Amsterdam, pour des rasions évidentes, on s’appelle Grimskunk quand même !
Mais l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse coté rock ça torche solide et Barcelone est une ville super cool !

Une anecdote croustillante à partager avec nous concernant cette tournée?

Pourquoi pas ?
A part les gars de Grimskunk, qui fraichement débarqués de l’avion à Amsterdam (sans avoir dormi) erraient dans les rues à 11h du matin après avoir visité leur coffeeshop préféré, il y a la belle aventure dans le camion de Kaz, notre soundman. On a joué avec Die Mannequin et Danko Jones à Zurich, et le lendemain on jouait à Marseille avec Infectious Grooves à un bon 10 heures de route. On a donc décidé de partir dans la nuit. Ce soir-là, le dernier avec Danko Jones, ce fut la grosse fête et après avoir réussi à rassembler tout le monde, on a quitté Zurich, assez sur le party, mettons. Une heure plus tard en roulant à 140 sur l’autoroute Kaz, assis en avant, ouvre sa fenêtre grande et sort sa tête (il fait froid et beaucoup de vent) et prend des grandes bouffées d’air en disant, « ah love the swiss air ». Il fait ceci à plusieurs répétitions, et nous on le trouve un peu fou.
Le lendemain matin, après avoir dormi dans un hôtel dans les alpes, on s'aperçoit que tout le côté droit de la van est coloré d’un immense « portrait » psychédélique de traces et chunks de vomit !
Une œuvre d’art à 140km/h!!

Au fil des années, y a-t-il un groupe avec lequel vous avez partagé la scène qui vous a marqué particulièrement?

Plusieurs, surtout car on était devenus de grands copains, Groovy Aardvark, The Smalls, Lofofora, Mass Hysteria, Billy Goat, VoodooGlowSkulls, Fishbone et plus récemment Suicidal Tendencies et Danko Jones. Sinon, on a bien aimé joué avec Manu Chao et System Of A Down. Et en octobre prochain on joue à Toronto avec NOFX !

Le fait d'avoir démarré le label Indica au cours des années 90 a-t-il eu une incidence sur le cheminement de GrimSkunk?

Oui, au début Grimskunk était la « locomotive » pour Indica, car le label était tout petit. Ensuite, avec le temps le label est devenu un moteur pour Grimskunk, nous donnant la chance de travailler avec GGGarth par exemple et tourner encore plus à l’international. Cela nous a permis de se faire encore plus d’amis aussi !!

Si je ne m'abuse, vous fêtez vos 20 ans d'existence cette année; pouvons-nous espérer un événement spécial afin de célébrer en grand cet accomplissement?

Hahaha !
Non, on est pas vraiment « anniversaire » ou « trophée » de nature, fêtards oui, mais pas du genre à se donner des tappes dans le dos pour se féliciter pour notre passé. Pour nous, le plaisir de jouer est devant nous et nous pensons à toutes les choses qu’on a encore envie de faire plutôt que ce qu’on a fait auparavant.

Comment avez-vous su faire votre chemin à travers la multitude de courants musicaux auxquels vous avez fait face au fil des ans?

Bonne question. En fait, Grimskunk ne s’est jamais vraiment posé de questions, on a foncé en suivant notre instinct. On faisait ce qui nous plaisait sans se soucier de ce qui se passait ailleurs.
On se laissait influencer par les nouveautés qui nous allumaient, mais on suivait un chemin bien à nous. Il y a eu des moments plus rough, comme la vague « electro » quand chaque musicien de punk s’improvisait en dj tout a coup, ou la vague actuelle de indie/artsy rock « elitiste », mais la réalité est que même si souvent les médias boudaient Grimskunk, on s’en foutait, et on continuait quand même à faire notre trip. Beaucoup de gens ont suivi et apprécié, il faut être heureux et reconnaissant pour cela, et nous le sommes. C’est pas tous les groupes qui ont le soutien et la chance qu’on a eu.

Croyez-vous que d'avoir été associé à la marijuana pendant de nombreuses années vous a aidé à construire un fanbase qui vous est resté fidèle ou vous a plutôt nuit à maintes reprises?

Hahaha !
Un peu des deux surement. Au début, c’est sûr que tous les poteux ont accroché sur le band, en partie à cause de notre position et « artwork » pro-marijuana. On a eu des « accrochages » avec des salles qui voulaient nous barrer parce qu’on fumait des joints sur scène, des festivals qui ont parlé en mal de nous à cause de notre discours pro-légalisation. On s’est même fait dire au début, par un ami et fan du band, qui travaillait aux Foufs, qu’on était un très bon band, mais il fallait lâcher le « pot » si on voulait que ça marche… ! On ne l’a pas écouté… À la base, nous croyons que l'être humain est libre de choisir sa vie, donc, on défend cette position peu importe les conséquences.

Quels changements as-tu remarqués dans l'industrie de la musique au Québec au cours des 20 dernières années?

Ouf, cela n’a rien à voir. Quand on a commencé, il n’y avait simplement aucune réelle structure indépendante au Québec pour la musique. Surtout un band punk/rock/psychédélique « heavy », non seulement on était complètement absent de tout média conséquent, mais en plus notre style de musique avait aucune référence actuelle, donc on passait souvent pour des extra-terrestres ou des marginaux « fuckés »
Il a fallu 5 ans de travail et de défrichage avec des bands comme Barf, Groovy, Banlieue Rouge, etc…pour créer une « scène » indépendante au Québec, tout était fait d.i.y. par la peau des fesses. On jouait dans tous les lieux possibles (salles des chevaliers de colomb, gymnase d’école, sous-sol d'église, bar louche, etc…) et passait des « flyers » dans les écoles secondaires et affichait nous-mêmes dans les rues et stations de métro pour se faire connaître.
Enfin, Groovy, les Bons à rien et Grimskunk ont rempli le Spectrum à Montréal, et les médias se sont (un peu) réveillés. Mais, encore là, il a fallu longtemps avant que nos vidéos ne tournent à la télé, et encore plus longtemps avant que certaines radios commencent à jouer des bands « alternatifs ».
Aujourd’hui, c’est pas encore le paradis…ahem !, mais il est possible d'être un jeune band indé, de faire un demo ou même un album pas trop cher, de trouver des partenaires « indés » avec qui travailler et de se faire connaitre autant par le web que par la télé ou les radios commerciales.
Pas facile, mais possible. Quand Grimskunk a commencé, c'était impossible, point.

Alors, comment entrevois-tu l'avenir pour cette même industrie?

Il faut se débarrasser de tous les vieux « old school » qui travaillent en musique comme des vendeurs de souliers et cherchent uniquement à faire de l’argent, sans se soucier du côté artistique et sans réelle passion pour la musique. Ils empoisonnent le monde de la musique.
Heureusement, un des bons coté du téléchargement et d’internet pour la musique est que vu qu’il y a beaucoup moins d’argent à faire dans cette industrie, les vrais passionnés de musique vont rester, les « poseurs » ou les purs « businessmen » vont aller ailleurs et bon débarras !

En terminant, si tu avais un conseil à donner à un jeune band ou artiste en démarrage, ce serait quoi?

Travailler très fort, jamais lâcher (persévérer), mettre la priorité sur la qualité des compositions et se créer une vraie « identité » artistique à soi. La musique doit venir du cœur, des trippes, mais aussi être une expression personnelle. C’est en trouvant cette « personnalité » artistique en soi et le moyen de l’exprimer à sa propre manière qu’on arrive à toucher les gens.

À propos

  • Région:
    Montréal
    Ville:
    Montréal
  • Style de musique:
    Acoustique, Métal, Punk, Rock & Ska
    Actif depuis:
    1988
    Maison de disques:
    Indica Records
  • Membres

    Joe Evil -
    Keyboards/Vocals
    Franz Schüller -
    Guitar/Vocals
    Ulf VdeBC -
    Drums/Vocals
    Vince Peake -
    Bass/Vocals
    Peter Edward -
    Lead Guitar
  • Site officiel:
    www.grimskunk.com
    Courriel:

Concerts à venir

Bar Social, Sorel-Tracy

Bar Le Magog, Sherbrooke

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